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10es Journées de Pratique et de Recherche du Groupe Thématique MACCA Management
14 et 15 janvier 2027 - EM Strasbourg, Université de Strasbourg
« Transdisciplinarité et apprentissage du management :
dialogues entre apprenants, enseignants-chercheurs et praticiens»
Le contexte dans lequel évoluent les organisations et les institutions de formation au management s’est profondément transformé. Les attentes des étudiants, futurs managers, se reconfigurent ; les entreprises peinent à recruter et à fidéliser des collaborateurs en quête de sens ; les modèles pédagogiques hérités d’une logique transmissive descendante sont de plus en plus questionnés. Au sein des écoles et des universités, les enseignants-chercheurs sont amenés à s’intégrer pleinement dans leurs institutions pour gérer les tâches administratives, dans leurs communautés pour mettre en avant leurs recherches, et dans l’environnement économique pour adapter ses enseignements à la réalité des métiers (Lussier et Chanlat, 2017). Dans le même temps, les praticiens – managers, consultants, responsables de formation, acteurs associatifs – développent des savoirs d’expérience riches et situés, trop souvent ignorés ou minorés dans les espaces académiques. Cette double évolution pose avec acuité la question de ce que signifie « apprendre à manager » aujourd’hui, pourquoi le faire, pour qui, et avec qui.
La division traditionnelle entre production académique des savoirs et application pratique sur le terrain montre ses limites, allant de l’utilisation de langages, vocabulaires et une production de la connaissance selon des logiques et mécanismes hétérogènes (Bartunek et Rynes, 2014 ; Ungureanu & Bertolotti, 2018) à une temporalité différente, dans laquelle le rythme des enseignants-chercheurs n’est pas le même que celui des praticiens (Saint-Onge et al., 2016). Se développe et s'entretient alors une forme de hiérarchie implicite entre connaissance légitime et connaissance expérientielle, au détriment de la pertinence, de la richesse et de l’applicabilité des apprentissages (Bartunek, 2007).
Par ailleurs, la diversité des acteurs impliqués (enseignants-chercheurs, formateurs, managers, consultants, responsables RH, acteursinstitutionnels…), leurs représentations différenciées de ce que doit être le « bon manager » ou la « bonne formation », rendent ces collaborations à la fois fécondes et fragiles. Elles ouvrent la voie à des tensions paradoxales : entre rigueur scientifique et utilité pratique, entre standardisation des curricula et singularité des contextes, entre légitimité académique et légitimité d’expérience (Hahn et al., 2024).
Ainsi, des recherches récentes appellent à dépasser cette opposition stérile en valorisant des formes de transdisciplinarité (Nicolescu, 1996 ; Jahl et al., 2012 ; Fam et al., 2018 ; Renn, 2021 ; Horn et al. 2024 ; Kligyte et al., 2025) et de production collaborative des savoirs entre enseignants-chercheurs et praticiens (Bessouat et al., 2022 ; Gibbons et al., 1994 ; Hatchuel, 2001 ; Shani & Pasmore, 2010). La transdisciplinarité comme une collaboration entre chercheurs et acteurs extra scientifiques dans des processus d’apprentissage mutuel entre la science et la société (Jahl et al., 2012) invite à élaborer des connaissances non seulement robustes sur le plan théorique mais également pertinentes et actionnables pour la pratique (Van de Ven & Johnson, 2006 ; Avenier & Parmentier Cajaiba, 2012).
Cet appel s’inscrit dans le prolongement de ces réflexions. Il questionne la responsabilité des institutions académiques dans la reproduction de modèles managériaux parfois déconnectés des réalités du terrain, ainsi que la faible place accordée, dans les grandes arènes de régulation pédagogique et institutionnelle, à des démarches de collaborations entre enseignants-chercheurs et praticiens. Comment former autrement ? Comment repenser les contenus, les méthodes et les espaces d’apprentissage du management, en faisant de la collaboration entre enseignants-chercheurs et praticiens non pas un supplément d’âme, mais un levier structurant de renouvellement pédagogique ?
Faire dialoguer des savoirs issus du monde académique et du monde de la pratique nécessite un travail sur ce qui constitue les frontières entre ces deux univers. Ces frontières – à la fois cognitives, institutionnelles et identitaires – peuvent entraver la collaboration nécessaire à la production de formes d’apprentissage renouvelées (Carlile, 2004). Cette édition souhaite explorer ces collaborations dans toute leur diversité : leurs formes, leurs conditions de réalisation, leurs impasses, et les apprentissages qu’elles rendent possibles – pour les apprenants, pour les praticiens, pour les enseignants-chercheurs eux-mêmes. Elle encourage les communications croisées associant possiblement apprenants, enseignants-chercheurs et praticiens. En plus des trois axes de travail génériques du groupe thématique de l’AIMS MACCA Management, elle s’articulera autour de deux thèmes de réflexion principaux.
Thématiques
Thème 1 : Savoirs en dialogue : coconstruire les contenus et les méthodes de l’apprentissage du management.
Thème 2 : Identités, légitimités et tensions : les défis de la collaboration entre académiques et praticiens
Comme pour chaque édition, l’appel à communication encourage les soumissions sur une thématique précise mais sans exclusivité.
Les contributions s’inscrivant dans les trois axes permanents du GT-AIMS MACCA sont également les bienvenues :
- Le premier axe questionne l’apprentissage et l’enseignement du management aujourd’hui pour encourager la réflexivité et la créativité dans les organisations.
- Le deuxième axe propose un examen des outils, des supports de l’apprentissage et des nouvelles approches, comme moyens de développer la réflexivité et la créativité des apprenants tout au long de la vie.
- Le troisième axe questionne le positionnement des institutions par rapport aux questions soulevées dans les deux axes précédents.
Formats des propositions
Pour les communications (papiers longs), RETEX ou work in progress, la feuille de style est disponible sur le site Sciencesconf MACCA 2027. Les textes doivent être anonymes lors de la soumission, quel que soit le format. Les contributions peuvent prendre deux formes :
- Format classique — communications (papiers longs), RETEX ou working paper : 15 à 25 pages maximum, bibliographie et annexes comprises, suivant les règles de rédaction de l’AIMS.
- Format alternatif — livre, audio, vidéo, oeuvre, poster, etc. : visant à proposer un retour sur une expérience pédagogique ou d’apprentissage. Ces formats doivent être accompagnés d’un texte de 3 à 5 pages maximum comportant : introduction et objectifs, approche, méthodologie, résultats, discussion, implications et limites.